Traduction de Marie Sabotier d’un article paru sur www.larena.it

Campedelli: « ce sont les éleveurs et les bergers qui sont le plus menacés d’extinction »

Le Conseil Municipal d’Erbezzo a aussi approuvé à l’unanimité un ordre du jour pour le transfert des loups hors de la Lessinia et la sortie du projet Life WolfAlps.

Le Maire Lucio Campedelli a commencé par dire: « parce que la situation est grave et exige une prise de conscience des instances supérieures pour une solution excluant d’emblée qu’il existe une cohabitation pacifique entre animaux prédateurs et activité humaine d’élevage », ajoutant: « même si tout le monde ne pense pas la même chose et qu’il est entendu dans les salons des villes qu’on ait une opinion différente de ceux qui risquent avant tout leur travail et leur patrimoine ».

Le fait que des lois nationales et européennes en faveur de la protection des grands prédateurs soit un obstacle ne rend pas pour autant impossible toute solution, et le Maire a ajouté : « il faudra un certain temps mais les lois erronées vont changer, même si elles doivent être respectées tant qu’elles sont en vigueur », et aussi : « jusqu’à présent, hormis quelques imprécations, la réaction des éleveurs a été digne d’éloges ».

Loups dan la Lessinia

Campedelli a souligné la singularité de la Lessinia, « qui n’est pas indiquée pour la présence de grands carnivores, c’est un territoire avec une forte densité d’animaux d’élevage unique au monde et c’est la raison pour laquelle il a été définitivement libéré de ces compétiteurs si redoutables dans les années 1850 ».

Il a rappelé les questions qui ont souvent été reprises : le risque que l’hiver pousse les prédateurs à venir vers les lieux habités pour chercher de la nourriture à cause du manque de proies sauvages et de l’abondance de proies domestiques dans les étables ; la peur innée contre laquelle les propos rassurants des experts ne servent pas à grand chose ; le risque de croisements entre loups et chiens qui donnent naissance à des spécimens hybrides encore plus dangereux parce qu’ils craignent encore moins la présence humaine ; les installations de pièges photographiques même sur des propriétés privées pour lesquelles il est demandé d’être tenu informé : « On protège les loups que l’on estime être entre 1000 et 5000 individus en Italie, mais en réalité ce sont les éleveurs et les bergers de montagne qui sont le plus menacés d’extinction », a-t-il conclu, lisant le document signé par tous et dans lequel, en plus du déplacement des loups et de la sortie du projet Wolfalps, il est demandé que la Région prenne en charge les opérations de récupération et d’élimination des carcasses des proies ; que l’on confie à un organisme tiers l’évaluation des dommages directs et indirects des prédations et en conséquence que l’on confie aux Communes les dédommagements immédiats pour être ensuite à leur tour remboursées. Le dernier appel concerne les parlementaires européens véronais pour qu’ils oeuvrent pour un changement de stratégie de la politique de protection communautaire envers les prédateurs.

Lorenzo Dalai, au nom de la minorité du Parti démocrate, a voulu souligner que l’attitude a changé également en ville : « On comprend que ce n’est plus seulement un problème de montagnards, mais que dans ce contexte les loups créent des dommages insolubles à cause d’une adhésion inconsidérée à un projet incompatible avec ce territoire ».

Son collègue et député du parti, Diego Zardini, seul de Vénétie à la commission Environnement ainsi que la sous-secrétaire de la délégation à l’Environnement, Barbara Degani, ont déjà été concernés par une visite sur place, peut-être aussi avec le Ministre Gian Luca Galletti pour leur faire prendre toute la mesure des difficultés : « Si nous aimons la nature, nous devons éviter la présence du loup en Lessinia », a-t-il conclu, en évoquant le fait que sur 9 loups tués en Toscane, 6 étaient des exemplaires hybrides.

La suspension du Conseil a permis au public d’intervenir, tout le monde était calme et désireux de mieux comprendre comment sortir d’une situation dont la difficulté est évidente.

L’impossibilité d’appliquer dans les alpages les systèmes de prévention indiqués par le projet Life WolfAlps a été remarquée ; la connivence de la Communauté de montagne qui a adhéré au projet et du Parc qui ne s’est pas immédiatement montré critique et qui n’ont pas impliqué la population locale dans les décisions a été dénoncée ; ainsi que la dépréciation du patrimoine qui est affecté par la présence des prédateurs.

« On nous a répondu que si défendions bien notre bétail, le loup qui ne pourra plus manger s’en ira », a précisé le Conseiller Daniele Massella, « en réalité il ne s’en va pas, il ne fait qu’élargir son territoire de chasse. C’est le monde scientifique qui ne dit pas la vérité sur les loups, la plupart sont d’ailleurs des hybrides, et la politique ne le comprend pas parce qu’elle se fie à des experts qui n’en sont pas. La seule chose qui fonctionne est de tirer, le reste ne sont que des palliatifs qui ne fonctionnent pas et c’est toujours la faute des éleveurs qui n’ont pas su bien les utiliser ».

Giuliano Menegazzi a cité à la fin un document publié en France, où 35 scientifiques et experts sont intervenus en faveur des éleveurs impactés par les prédateurs et demandent une révision de la politique communautaire en la matière. « En France, la seule prévention qui fonctionne est un employé payé à hauteur de 85% par l’Etat qui surveille le troupeau jour et nuit ; la location des alpages payée à hauteur de 80% par l’Etat ; quatre personnes armées pour garder la propriété, avec un profit annuel de 15.000 euros pour toute une famille». La voix d’un vieil éleveur s’est élevée du public : « les loups ne servent à rien et n’apportent que la peur ». V.Z.

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